
Après 5 mois 1/2 à pédaler, à travers l’Europe, la Turquie la Géorgie puis 3 jours de Transit en Russie, nous y sommes. En Asie centrale et plus précisément au Kazakhstan.
Honnêtement, c’est une drôle de sensation de débarquer dans ce coin du monde. Parce qu’on arrive dans un vaste inconnu, des terres encore inexplorées de notre côté et des cultures dont on ne sait pas grand chose.
Alors nous avons hâte de reprendre nos vélos.
Le Kazakhstan est le neuvième plus grand pays du monde. Et nous avons le droit à 30 jours sur le territoire sans visa. Ce constat posé, nous décidons d’aller droit au but. C’est à dire de parcourir les 700km de ligne droite entre la frontière Russe et Ouzbek.
Notre itinéraire vélo au Kazakhstan

En prenant le temps, nous décidons de 7 bonnes étapes pour boucler cette traverser de la steppe Kazakh.
3 jours de vélo pour rejoindre Atyraou

Premiere étape de 43 km
D’abord, à la frontière il nous faut quitter notre super convoi. C’est donc le coeur lourd et rempli d’émotion que nous entamons notre première étape. Une quarantaine de kilomètres pour aller jusqu’à la première ville du Kazakhstan : Ganyushkino. Une reprise tranquille, sur du plat, sous un soleil brillant et dans un décor nouveau à nos yeux. C’est à dire que nous avons le sentiment d’être dans un far west à l’ancienne.
Arrivés en « ville », on se retrouve rapidement le centre d’attention, l’attraction du jour. Nous effectuons notre échange de devise en pleine rue entre les nombreuses demandes de photos. Il semblerait que Doudou soit déjà une star au Kazakhstan.
Nous finissons par aller dormir dans le seul hôtel de la ville soit Le Tranzit Hotel. ( On reste dans le thème de ces derniers jours). En effet après ces jours sur les routes Russes nous avons besoin d’une bonne douche et de repos.
Deuxième étape
Aujourd’hui nous décidons d’aller le plus loin possible avec un maximum de 150km. On part vers 8h, le ciel couvert et un vent pleine face. Cette journée va être longue, intense et fatigante. Tout simplement car avancer contre le vent, nous prend beaucoup d’énergie et nous ralentit. Plus le temps passe, plus le vent s’intensifie, plus l’exercice est difficile. Une fois les 100km passés, je sens mes forces s’amenuiser. J’ai de plus en plus de mal à avancer, à résister au vent. Mais je pousse encore un peu, espérant trouver un refuge au milieu de ces kilomètres de désert. Désespérée, je fais signe aux pick up de s’arrêter pour nous emmener. Mais nous essuyons les refus.
Comme un mirage, un bâtiment apparaît dans la poussière de sable à 135km. Un écriteau illuminé nous donne l’espoir d’un abri pour la nuit. Quelle chance, il s’agit d’un hôtel/restaurant. Il est 20h, nous avons pédalé à une moyenne de 12km/h pendant 10h. Je suis crevée et tellement soulagée d’être au chaud.
Dernière étape jusqu’à Atyraou
Nous avons 100km à faire. Le vent s’est renforcé, il pleut et je sens la fatigue de la veille. Il va falloir s’accrocher.
Par chance, en sortant de notre chambre, nous tombons nez à nez avec Hossein, un chauffeur routier. En 5mn de conversation, il nous dit qu’il nous emmène à Atyraou. Avec ces conditions météorologiques, la route est trop dangereuse. Nous acceptons sans hésitation et partageons ce moment de route avec notre chauffeur Kazakh.
Nous restons 3 jours à Atyraou. Le temps de se reposer, de laisser passer la mauvaise météo et de retrouver nos amis du convoi. Cette pause est nécessaire.
Guest House à Atyraou : Arzu Guest house. 2000T pour le parking avec utilisation des communs ( douches, toilettes,cuisine, salon,wifi). 1000T la machine à laver. 8000T le lit. Franchement cet endroit est un vrai cocon grâce à la propriétaire chaleureuse et bienveillante. On recommande cet endroit.
4 jours de vélo jusqu’à Beïneou

Pour arriver à notre destination finale au Kazakhstan, nous décidons de 4 étapes. Celles-ci en prenant en compte le vent.
- Atyraou – Dassor : 106km avec du vent
À Dassor il y a une station service comme une oasis au milieu du désert. Toilettes, douches, wifi, marché..
- Dossor – Kulsary 126km
A Kulsary nous restons 2 nuits. Nous sommes invités au restaurant par une famille croisée sur la route. Ces derniers veulent passer du temps avec nous, curieux de notre mode de vie. Pour faire simple, ils ne comprennent pas qu’on ne fonde pas une famille plutôt que de faire France – Malaisie à vélo.
Dormir à Kulsary : Qonaqui. Un hôtel, restaurant, camping, parking, douche à disposition ( 1500 tenge ), wifi.
- Kurmankasy à Boranqul : 105km ( toujours avec du vent )
Boranqul c’est vraiment la ville de western Kazakh avec des chameaux à la place des chevaux. Mais à la sortie de la ville, il y a un établissement pas cher avec chambres confortables, wifi et restaurant. En plus l’accueil est très gentil. Son nom : Keruyen Saray.
- Boranqul – Beneïou 115km
Dernière étape au Kazakhstan toujours sous le soleil, toujours avec du vent mais cette fois-ci il est un peu plus à notre avantage et nous permet d’avancer vite.
Vélo au Kazakhstan : informations pratiques

Nous avons donc traversé le Kazakhstan en faisant de grandes étapes couplées à des jours de repos. Honnêtement, les jours passent et se ressemblent puisque nous roulons sur notre ligne droite à l’horizon infini au milieu de la steppe.
Pour que vous soyez en connaissance de cause, on vous partages quelques informations pratiques.
Internet au Kazakhstan
Il est possible de prendre une carte Sim locale rechargeable ( environ 10€). Par contre, pour recharger, c’est écrit en Kazakh donc difficilement compréhensible pour nous. Notre forfait Free fonctionne au Kazakhstan mais nous avons eu du réseau que 50km avant Boranqul. Soit sur la fin de notre trajet. Par contre, le wifi est disponible partout dans les stations services, les supérettes,restaurants…
Payer au Kazakhstan
Nous avons échangé des euros en Tenge dans les banques. Le taux est souvent juste et l’opération facile . Lors de notre passage au Kazakhstan 1€=590 Tenge.
Sinon nous avons notre carte bancaire N26.
Quant aux locaux, ils utilisent majoritairement l’application de paiement Kaspi sur leur téléphone.
Nourriture , alimentation
Soyons claires, tu ne vas pas au Kazakhstan pour la gastronomie. Encore moins quand tu es végétarienne. La nourriture de base est le plov c’est à dire du riz gras avec quelques légumes et de la viande. Sinon ils mangent du Borsh ( ragoût viande, pomme de terre et carottes), des soupes de viandes, des samoussas à la viande et des pains frits à la patate (yeah).
Il faut anticiper le ravitaillement. Même s’il y a quelques restos au milieu de rien, il est préférable de prévoir un peu. Les petites supérettes, stations services ont le minimum vital. Le plus difficile est de trouver fruits et légumes.
La route au Kazakhstan
En règle générale il y a une route principale et après ce sont des pistes. Globalement en bon état mais il peut arriver que des portions soient défoncées .
Ces routes sont empruntées mais pas surchargées. La plupart des véhicules qui y circulent sont des poids lourds, qui soient te freines en de dépassant ou te donnent un coup de booste avec l’aspiration. Il faut rester vigilant car les Kazakhs ont une tendance à dépasser coûte que coûte .
Mis à part cela, nous avons fait quelques pauses selfies avec des automobilistes. Mais surtout nous avons été touchés par leurs petits gestes d’encouragements et leurs nombreux dons de nourriture et boisson. Pour le moral c’est génial .
Attention au vent
En traversant la steppe, on se retrouve sur des plaines à perte de vue et donc quasiment pas de dénivelé. Mais attention à regarder le vent avant les étapes car elles peuvent vite devenir un enfer. Surtout que le vent peut se mettre à souffler très fort.
Frontière Kazakhstan -Ouzbekistan

Lors de notre passage au Kazakhstan, la frontière terrestre avec l’Ouzbékistan, au niveau de Tajen est fermée pour cause de travaux.
A savoir que les autres passages frontière sont vers Tachkent, soit un détour de plus de 2500km. Soit beaucoup trop loin à vélo.
Heureusement il y a la solution du train ( 123 ) qui passe la frontière entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. D’ailleurs ce train que nous prenons à Beïneou part de Volgograd en Russie, passe par Atyraou et arrive à Tachkent.
Train entre le Kazakhstan -Ouzbekistan
- Il y a environ 2 trains par jour sauf le dimanche où il ne circule pas.
- Nous avons payé 35€/personne pour faire Beïneou – Noukous. On ne nous a pas réclamé de supplément pour les vélos.
- Il s’agit d’un train couchette. Nous étions dans une cabine ouverte avec 4 places mais n’étions que tous les deux.
- Le train part à 23h50 mais il faut être à 22h30 à la gare. C’est le temps pour les passagers de s’installer puis des contrôles de la douane ( passeports,bagages, passagers, train…)
- Nos vélos sont installés correctement, à l’entrée de notre compartiment, près des toilettes. Quand à nos sacoches, il y a des coffres sous les couchettes.
- Vers 1h30 du matin nous arrivons à la frontière Ouzbek. Nos passeports sont emmenés puis les contrôles effectués à bord du train. On repart 2h plus tard.
- Des vendeurs montent à bord proposant : échange d’argent, café, noodles,poissons séchés, jeux d’enfants,parfums. Bref la nuit est animée surtout qu’on attire l’attention
- 11h50 nous arrivons à Noukous. 15mn d’arrêt pour tout décharger c’est largement suffisant.
En résumé, nous sommes soulagés d’avoir eu cette solution du train pour passer la frontière entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan. Surtout que l’expérience est unique et que nos vélos n’ont posés aucun soucis.

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