
Nous arrivons en Géorgie avec une météo estivale qui ne va pas durer.
Notre but est de rejoindre Tbilissi au plus vite pour nous lancer dans la paperasse du visa de transit Russe dès notre arrivée.
De plus les conditions météorologiques passant de l’été à l’hiver en un claquement de doigts, nous décidons d’un itinéraire vélo direct .
Cependant notre premier choix d’itinéraire devait emprunter l’axe Batoumi – Akhaltsikhe puis passer par Borjomi avant de rejoindre Gori. Mais cette route montant en altitude et de la neige étant annoncée, nous nous sommes ravisés.
A savoir qu’à cette période de l’année ( mars ) certaines routes d’altitude sont donc inaccessibles voir fermées. Il est donc important de se renseigner avant de s’engager.
Notez aussi que les routes géorgiennes ne sont pas toujours en très bon état, pas toujours bitumées. Mais aussi que sortis des axes dit « principaux », on se retrouve sur du chemin caillouteux, sableux voir boueux et troué.
Passage frontière Turquie – Géorgie

Depuis Hopa, côté Turquie, nous doublons une file interminable de camions. En effet, sur une trentaine de kilomètres il y a des poids lourds à l’arrêt, même dans les tunnels jusqu’à la frontière.
Arrivés aux douanes turques, le passage est facile et rapide.
Côté Géorgien nous passons par un espèce de terminal piéton avec nos vélos, ressemblant à un aéroport. Les contrôles des passeports sont plus strictes et moins amicaux. Au final, nous devons nous acquitter d’une amende de 50€ pour cause de non contraction d’assurance il y a 5 ans.
Plus d’explications dans cet article : conseils et incontournables en Géorgie.
Une fois l’amende réglée nous débarquons en Géorgie et continuons notre route vers Batoumi.
4 étapes en vélo pour rejoindre Tbilissi
Très certainement l’itinéraire vélo le plus rapide entre Batoumi et Tbilissi. En effet nous allons faire 380km avec 3 840m de dénivelé positif en 4 jours. Et nous allons vivre de sacrées étapes notamment à cause des conditions météorologiques catastrophiques.
Rejoindre Batoumi

Le jour où nous passons la frontière entre la Turquie et la Géorgie nous décidons de nous arrêter à Batoumi pour quelques jours de repos. Soit une quinzaine de kilomètres après la frontière.
Cette route rejoignant Batoumi n’a aucune difficulté particulière mis à part un peu de traffic. Donc, une fois la frontière passée, nous arrivons vite à destination.
D’ailleurs nous avons l’impression d’arriver dans un autre monde. Building ultra modernes, constructions plus ou moins abouties, style architectural parfois discutable… En fait, nous avons le sentiment de débarquer dans le Dubaï du Caucase où on a laissé s’exprimer tout la folie de certains architectes. Quoi qu’il en soit cette ville est à voir, à découvrir et à vivre.
Visiter Batoumi
- Se balader sur le front de mer aménagé
- Découvrir la vieille ville avec ses bâtiments coloniaux
- Jeter un oeil aux statues de Nino et Ali
- Se perdre dans ce délire architectural unique
Se loger à Batoumi
Il y a énormément d’options. Nous nous retrouvons dans un studio tout équipé avec balcon pour 11€/nuit dans le complexe Orby. Des immenses tours modernes avec des milliers de chambre.Un endroit qui grouille de monde. Il faut le vivre pour le comprendre.
Nous pouvons monter nos vélos sur notre balcon, au 28 ème étage, grâce à l’ascenseur de service.
Quitter Batoumi à vélo


Alors que nous avons eu 2 jours d’été à Batoumi. Le jour de notre départ il y a beaucoup de vent et il pleut à torrent. Cette journée va être sympa!
Nous mettons du temps à quitter Batoumi à cause de la pluie mais surtout de l’emprunt des pistes cyclables non adaptées. En fait il s’agit d’une bande de trottoir peinte en bleu sur laquelle les piétons n’ont pas d’autre choix que de marcher .Nous essayons donc de slalomer entre les gens, d’éviter les branches des arbres, de descendre du trottoir comme on peut et de retourner sur la route cabossée dés que possible.
Pendant une trentaine de kilomètres nous suivons le grand axe « Senaki-Sarpi » plutôt emprunté puis nous bifurquons sur la route » Sajavakho-Kobuleti« . Cette dernière ressemble plus à une route de campagne. A ce stade de l’étape nous sommes déjà trempés .
Sur une dizaine de kilomètres nous enchaînons quelques petites pentes entre 7% et 10%. Enfin nous finissons par arriver dans la ville d’Ozourgueti où nous trouvons refuge dans un café/boulangerie. Le temps de se réchauffer, de manger et de faire quelques courses.
Camping à Ozourgueti : Camp Itara

A 3km de la ville, un couple accueil les voyageurs sur son terrain. A disposition : cuisine, salle de bain, salon, eau chaude, machine à laver. Ceci sur le principe de donation. Nous avons la chance de pouvoir mettre notre tente sous abri, de profiter d’une bonne douche et de mettre nos affaires à sécher.
Rejoindre Baghdati à vélo


Quand nous nous levons la pluie a cessé. En ayant mis notre tente Samaya à l’abri, nous n’avons pas besoin de la faire sécher avant de repartir. Donc le rangement du matériel est vite effectué.
Nous rejoignons la route « Sajavakho-Kobuleti » pour 10km avant de retrouver un petit axe. Celui- ci commence comme un chemin, sans bitume, avec des trous, des pierres jusqu’à un village où les habitants se demandent bien ce qu’on fout là. Finalement, au moment de grimper, la chaussé est de nouveau en bon état. Plus facile pour enchaîner 2 belles pentes à 7%/ 8% et faire cette dizaine de kilomètres pour rejoindre la route » Japana-Lanchkhuti« .
Alors, sur une cinquantaine de kilomètres plutôt plat, nous enchaînons les kilomètres rapidement, en faisant un arrêt à Vani.
Enfin, la route rejoignant Baghdati monte sur une quinzaine de kilomètres à travers des petits villages avec quelques passages intenses.
Nous arrivons à destination et avons la surprise de retrouver nos amis Loïc et Ben qui marche de la France à la Chine. Le hasard fait bien les choses puisque nous logeons au même endroit pour la nuit.
Guest House à Baghdati : GuestHause Bagdati
20€/nuit. Une chambre spacieuse et confortable avec un salon partage à la décoration folklorique. La salle de bain et la cuisine sont à l’étage inférieur, communes avec les hôtes. Au moment de se coucher, la neige se met à tomber à gros flocons.
Étape la plus difficile de cet itinéraire vélo

- Baghdati – Surami
- 84,3km
- 1440km de D+

A savoir, notre application GPS ( Komoot ), ne nous défini aucun itinéraire viable pour cette étape. Puisqu’une partie celle-ci passe sur une autoroute en travaux. Donc nous n’avons pas toutes les informations, notamment celle du dénivelé,avant de démarrer.
Nous mettons un peu de temps à partir puisque nous sommes avec les copains. Notre hôte nous offre 2L de vin de sa production personnelle, très gentil mais pas pratique à pied ou à vélo.
D’abord, on commence par des pentes raides ( 7% -14% sur un passage ) sur un axe secondaire, où nous avançons vraiment lentement. Mais le paysage est agréable, totalement bucolique. Puis nous rejoignons la route principale de Zestafoni qui continue de grimper et donc de nous ralentir.
En fait il nous faut 2h pour faire 22km et arriver à Zestafoni sur une voie défoncée. Il nous faut alors traverser la ville en évitant les trous et en faisant attention aux autres véhicules.
C’est alors qu’il commence à bien pleuvoir.
Nous continuons sur une petite route pour éviter l’autoroute et ses tunnels. Après avoir traversé un village rouillé digne d’un far west soviétique, nous continuons de longer la rivière. Il s’agit de l’axe parallèle à l’autoroute que nous suivons pendant 25km. Il continue de pleuvoir fort et après une pause pour se réchauffer dans une station service, c’est la neige qui nous tombe dessus à gros flocons.
Nous obtenons une timide éclaircie laissant imaginer la beauté de cette étape sous le soleil. Puis devons rejoindre l’autoroute car il n’y a aucun autre choix. Commence alors une douce montée à travers quelques tunnels qui se transforme en une affaire plus délicate. En fait, sur une dizaine de kilomètres, l’autoroute est en travaux laissant place à un joyeux bordel. Soit une voix défoncée de chaque côté sans délimitation précise, avec beaucoup de monde et une pente de plus en plus raide. On ne va pas se mentir c’est intense.
En plus, au sommet, il y a un tunnel sur 2km, très emprunté. Par chance un Monsieur connaissant le danger ne nous laisse pas le choix de monter dans sa camionnette pour traverser.
Il n’y a plus qu’à descendre pour enfin rejoindre Surami.
Sur cette étape, nous avons eu tout ce qui pouvait atteindre le moral . C’est à dire mauvaises conditions météorologiques, dénivelé intense, routes déglinguées, traffic, chiens agressifs. Pourtant on l’a fait et la satisfaction est grande.
Petite étape facile

- Surami- Gori
- 56km
- 260m D+

Nous sommes le 22/03, c’est donc mon anniversaire ☺️. Et apparemment nous allons encore rouler sous la neige. En ce jour unique, nous avons décidé d’une petite étape pour pouvoir profiter d’un hébergement confortable.
Mais avant d’arriver il faut braver la météo. Ce qu’on peut dire c’est que la première heure nous nous prenons des flocons plein la tronche. De plus, nous traversons d’immenses flaques d’eau en priant qu’il n’y ait pas de nids de poule. Par contre, c’est plat et on roule assez vite.
La neige cesse, nous rejoignons l’autoroute et évitons le chemin boueux. Nous grimpons doucement pendant 5km. Au sommet, nous dévions sur un petit axe parallèle pour redescendre vers Gori. Sans doute la plus belle partie de cette étape.
Enfin, nous débarquons à Gori par le quartier des immeubles soviétiques délabrés.
Bref, je fête mon anniversaire dans la ville natale de Staline. Voilà !
Hôtel à Gori : Hestia Boutique Hôtel

30€/nuit petit déjeuner inclus. Très joli hôtel avec de belles chambres tout confort. A disposition un joli salon avec fauteuil massant, une cuisine toute équipée, une salle de jeux, machine à laver et du vin Géorgien à l’heure de l’apéro. L’accueil est extrêmement chaleureux et l’expérience vraiment agréable.
Dernière étape en Géorgie


Cette journée commence par un petit déjeuner local gargantuesque et délicieux. Il y a tellement de choix que l’on ne sait par où commencer !
Le ventre est plein mais l’un de mes pneus est à plat. Donc, nous changeons la chambre à air, chargeons les vélos et donnons nos premiers coups de pédale sous le soleil. Vous avez bien lu, nous allons enfin avoir une étape en Géorgie sous le soleil.
En plus, nous avons le vent dans le dos. Et cette petite route entre Gori et Mtskheta est la plus belle empruntée en Géorgie en vélo. Les paysages sont scéniques, les villages pourraient sortir d’un film d’horreur sur fond de catastrophe naturelle genre Tchernobyl. Nous avons ce sentiment d’être au milieu de nulle part.
Sinon, il y a quelques belles pentes durant 50kms, courtes et raides. Après, à l’approche de Mtskheta, on longe la rivière. Le traffic s’intensifie.
L’entrée dans Tbilissi se fait sur les quinze derniers kilomètres. C’est un grand boulevard emprunté mais nous roulons dans la voie de droite et ça se fait plutôt bien. Il faut juste rester concentré sur les actions des autres véhicules. Plus nous nous rapprochons du coeur de la ville plus il faut comprendre le chemin à suivre car c’est un sacré noeud routier.
Globalement, à vélo, il y a quelques pistes cyclables et pas tant de véhicules comparé à d’autres capitales.
Se loger à Tbilissi : Green Way Guest House
Une chambre spacieuse située idéalement à Tbilissi. Il y a une bonne connexion internet, une salle de bain, une machine à laver et même une cours. Un très bon rapport qualité/prix pour la ville.
Surtout que nous sommes obligés de rester à Tbilissi un moment pour faire nos visas de transit Russe.
Pour conclure ces 4 jours à vélo entre Batoumi et Tbilissi sont marqués par les mauvaises conditions météorologiques. Nos pauvres vélos ont besoin d’un sacré coup d’entretien après ces dernières étapes.
Magasin de vélo à Tbilissi

Niki est hyper professionnel, pointilleux et respecte des délais rapides. Il est plutôt spécialiste des vélos de route mais s’est parfaitement occupés de nos gravel. En plus il est de bons conseils et on trouve tout ce dont on a besoin dans sa boutique.
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