
Pour rejoindre l’Asie centrale, depuis la Géorgie, il y a plusieurs solutions plus ou moins réalisables plus ou moins faciles.
Il va donc falloir faire des choix d’itinéraires en fonction de la géopolitique mais aussi de ses envies personnelles et des opportunités qui s’offrent.
D’ailleurs, il est important de se renseigner sur les passages frontières à l’avance car les choses changent vite.
De notre côté, lors de notre arrivée en Géorgie, notre objectif est de rejoindre l’Asie centrale, plus précisément le Kazakhstan. Pour se faire nous étudions les différentes options et par élimination ( et opportunités ) le choix s’affine vers une solution.
Les autres options pour rejoindre l’Asie centrale

Dans un premier temps il est important de prendre connaissance des différentes options pour rejoindre l’Asie centrale depuis la Géorgie.
Passer par l’Azerbaïdjan et prendre un ferry
Plus précisément, depuis la Géorgie, traverser l’Azerbaïdjan pour rejoindre la capitale Bakou. Puis prendre un ferry pour passer par la mer Caspienne jusqu’à Aktaou au Kazakhstan.
Sauf que cette solution, très populaire des voyageurs voulant aller en Asie centrale depuis la Géorgie n’est plus totalement d’actualité. En effet, depuis 2020, l’Azerbaïdjan a fermé ses frontières terrestres. Le seul moyen de rejoindre Bakou est donc par avion.
Notre point de vue sur cette solution
Personnellement, si nous sommes dans l’obligation de prendre un avion plutôt voler directement de Tbilissi à Aktaou. Plutôt que de prendre un avion puis un ferry.
Cela étant dit, il paraîtrait que l’Azerbaïdjan réfléchit à une possible réouverture de ses frontières terrestres. Quand ??
Ce qui faciliterait ce passage pour les voyageurs français puisqu’il faut juste un e visa rapide et peu coûteux pour l’Azerbaïdjan.
Prendre un avion depuis Tbilissi
Il s’agit de la solution de facilité surtout quand les possibilités s’amenuisent. Comme en ce moment par exemple !
Il y a des vols directs entre Tbilissi et Aktaou environ deux fois par semaine par la compagnie Scat Airlines. Par contre il est important de se renseigner avant de booker car la majorité des vols font escale à Istanbul ou Astana.
En toute honnêteté, après études des différentes possibilités, celle-ci nous paraissait clairement la plus envisageable. En effet, il n’y a pas besoin de visa ni d’une attente trop longue pour s’organiser. La seule chose est de démonter les vélos pour les mettre en soute. Il faut aussi étudier le coût car les vols restent chers par rapport à la distance parcourue. Aussi il faut ajouter le supplément bagage encombrant.
Passer par l’Iran
C’est à dire de choisir un itinéraire au sud de la Géorgie plutôt qu’au nord. Soit en passant par l’Arménie ( ce que nous avions fait lors de notre voyage France – Inde en van) soit directement depuis la Turquie.
Toutefois, en choisissant l’Iran dans votre itinéraire, il y a quelques paramètres à prendre en compte.
- Faire son visa pour l’Iran . Possibilité de le faire sur la route en passant par une agence. Les démarches sont alors faciles et rapides.
- Connaître la situation politique du pays. En effet si L’Iran est l’une des plus belles expériences de voyage que l’on ait eu il est important de se renseigner avant de partir. Tout simplement pour être conscient d’où on s’engage et ce que ça implique.
Personnellement, au moment de ce voyage à vélo, cette option n’est pas envisageable et nous ne voulons pas prendre de risques en connaissance de cause. Par contre, nous rêvons de retourner un jour dans ce pays unique.
De plus, nous souhaitons vraiment passer par le nord plutôt que le sud car « les pays en -stan » devaient être notre route de retour en van si elle avait été possible.
Évidemment, pour rejoindre l’Asie Centrale en passant par l’Iran, cela implique un itinéraire par le Turkménistan ( pas facile ), ou l’Afghanistan ou le Pakistan!
L’option du visa de Transit Russe

Accrochez vos ceintures parce qu’il y a des choses à dire.
Premièrement ce visa de transit permet de traverser la Russie en 3 jours entre la Géorgie et le Kazakhstan.
Deuxièmement, s’il était possible de l’obtenir à Erevan, plus rapidement, moins cher et avec plus de jours. Maintenant c’est finito pipo, l’agence en Arménie ne délivre plus ce visa de transit. En tous cas pour l’instant.
Troisièmement, la seule et dernière possibilité pour l’obtenir est l’agence de Tbilissi. Et voilà comment ça se passe.
- Prendre un rendez-vous en se rendant sur place, celui-ci coûte 50€/personne et couvre les frais de dossier. Il faut venir avec son passeport. Ensuite on vous impose une assurance pour ces 2 jours de transit ( environ 10€/personne ).
- A ce moment-là on sait déjà à quelle date on passe la frontière puisque l’assurance couvre les jours de transit.
- Il y a un formulaire de demande de visa à remplir sur le site des affaires étrangères Russe. Il ne sert à rien de le remplir en amont puisque l’agence vous donne les informations nécessaires.
- Le jour du rendez-vous ( 3-4 jours plus tard ). Le dossier est imprimé : passeport, assurance, formulaire ( l’agence vérifie bien toutes les informations pour qu’il n’y ait pas d’erreurs).
- Une photo d’identité aux dimensions conformes ajoutée. Il y a possibilité de la prendre sur place ( environ 3€ les 6 ).
- Il faut payer le visa soit environ 130€/pers par espèce ou carte.
- Ensuite il faut attendre son fameux visa pendant 7 à 10 jours.
Donc, il est bon de savoir que les démarches pour obtenir ce visa de transit Russe durent entre 15 et 20 jours.Mais aussi qu’elles coûtent environ 200€/personne.
A noter. Le temps imparti par ce visa est trop court pour imaginer traverser en vélo. Donc il faut donner toutes les preuves de l’itinéraire à l’agence soit billets de bus, train, réservation d’hôtels, au moment du rendez-vous.
Pourquoi avoir choisi l’option du Transit Russe?
Nous avons opté pour le visa de transit Russe plutôt que l’avion car des voyageurs en van, 4×4, ont proposé de nous embarquer avec nos vélos . Ce qui nous simplifie grandement la tâche puisqu’on n’a ni à se soucier des transports en communs ni des hôtels. Sinon, nous aurions sans doute choisi l’avion par facilité. Mais, on ne va pas se mentir, ça nous aurait un peu fait ch***
A savoir : attention aux conditions climatiques. Cette frontière est située dans les montagnes, en altitude, elle peut donc être fermée pour mauvais temps.
3 jours de Transit en Russie

Nous recevons notre visa de transit Russe, 1 jour avant notre date de passage de la frontière.
Ensuite, nous organisons notre convoi de la sorte :
- Vélos, sacoches et Fred dans le van des copains
- Je monte comme passagère dans l’un des 4×4
- Le dernier véhicule nous laisse sa tente de toit en guise d’hébergement

La veille du Transit en Russie, nous prenons la route pour Stephantsminda, à environ 170km de Tbilissi, dernier point de passage en Géorgie. C’est un vrai bonheur de revenir dans cette magnifique région. Pour notre bivouac du soir, nous retournons sur le spot où nous étions allés il y a 5 ans. À cette altitude, la nuit est fraîche et courte.
Passage de la frontière Russe

Réveil difficile, pluvieux et glacial à 3h, arrivés à la frontière à 4h.
Nous mettons 7h pour passer toutes les formalités de passage de frontière. Sachant que côté Géorgien, en 30 minutes, tout est réglé.
Nous perdons 1h de décalage horaire.
- Présentation des passeports et fouille plutôt rapide du véhicule
- Direction un bureau où on nous pose quelques questions ( métier, numéros de téléphone ).
Ces premières opérations sont plutôt rapides mais c’est après que le rythme se ralentit
- Pour le Formulaire d’importation du véhicule
Tout simplement car il ne faut pas de ratures sur le papier et qu’un seul bureau s’occupe de cette demande. Donc si tu te trompes, que tu refais le formulaire et que tu arrives au bureau à l’heure de changement d’employés qui dure 30 minutes… Et bien tu attends encore. En soit ce n’est pas compliqué, il faut juste être patient.
- Faire l’assurance du véhicule après la frontière
Informations pratiques pour le transit Russe
- Échanger de l’argent.
Les cartes bancaires émises à l’étranger ne fonctionnent plus en Russie. Il est donc préférable d’échanger du liquide. Personnellement nous l’avons fait depuis Tbilissi, dans l’un des nombreux bureaux le proposant, car le taux était bon. De plus ça évite de s’en soucier durant le Transit, avec le peu de temps sur place.
- Internet en Russie
Notre forfait free fonctionne en Russie.
- Routes, circulation et spots de nuit
La route empruntée durant ce transit est en parfait état, on roule donc vite et sans problèmes. Les seuls ralentissements sont dûs aux contrôles de police ou check point, notamment entre les régions. En effet en 3 jours nous avons passé 2 check points plutôt rapides et eut quelques contrôles des papiers. Mais rien de vraiment spécial.
Quant aux spots de nuit, il a été très facile de trouver et nous n’avons jamais été embêtés.
- Coût de la vie en Russie
En ce moment, le taux de change est avantageux. Donc, les produits alimentaires de base ne sont pas chers tout comme l’essence ( environ 0,60€/l). En 3 jours, nous avons dépensé 50€ pour 2.
- L’accueil Russe
Difficile de tirer un bilan sur 3 jours en Russie. De plus en ne traversant que quelques régions de cet immense pays. Mais, globalement, nous avons été très bien accueillis par la population qui s’amuse parfois à prononcer des mots de français.
Nos étapes en Russie

Nous arrivons à Vladikavkaz vers 12h30. La fatigue se fait sentir. Nous profitons de cette pause pour manger, visiter un peu et reprenons la route .
Le soir nous montons notre bivouac après Grozny, vers Goudermes, où des locaux nous laissent accès à leur terrain, toilettes et point d’eau. Pour cette première journée nous avons roulé environ 130km depuis la frontière.
Le deuxième jour est une grosse étape. D’abord nous nous arrêtons à Taroumovka, plus exactement au Room Café pour manger. Ensuite, nous reprenons la route pour nous rapprocher au maximum de la ville d’Astrakhan. Il y a quelques check point plutôt rapides mais surtout une longue ligne droite à travers la steppe Russe. Franchement c’est un peu ennuyeux et long.
Nous arrêtons de rouler à 19h30 sur un spot au bord de la Volga, après une étape d‘environ 370km .
Le dernier jour, nous rejoignons Astrakhan que nous prenons le temps de visiter. Notamment le Kremlin de la ville où se déroule une messe. Ensuite nous faisons quelques courses avant de repartir pour la frontière où nous arrivons vers 16h.
Passage de frontière Russie – Kazakhstan
Quand nous arrivons à la frontière il y a majoritairement que des camions. En tout il nous faut 3h pour faire toutes les formalités sachant que nous sommes 7 personnes dans 3 véhicules.
- Vérification du passeport et petite fouille des véhicules
- Questionnaire sur la Russie et le conflit en Ukraine où les réponses nous sont dictées. Ensuite on nous filme donnant nos réponses. L’officier en charge s’en fout un peu et c’est plutôt étrange qu’engagé.
Notre opinion sur le transit Russe
Nous sommes chanceux d’avoir eu l’opportunité d’intégrer un convoi avec des gens bienveillants et gentils. Humainement l’expérience est unique.
Quant à ce transit Russe de 3 jours, il nous a donné un petit aperçu de cet immense pays. Mais surtout l’envie de revenir en Russie pour vraiment le découvrir. L’accueil des gens est chaleureux , nous avons eu de bons spots pour le bivouac et la route en 3 jours est fatigante et intense.
Nous ne nous sommes jamais sentis en insécurité ou embêtés. Finalement ce convoi pour réaliser ces 3 jours de transit Russe c’est que du positif !

4 Comments
Bonjour à vous, et félicitations pour cette aventure merveilleuse !
Petite question : quel est le nom de l’agence à Tiblissi pour demander le visa de transit vers la Russie ? Merci beaucoup !
Bonjour,
Alors la demande de visa de transit Russe se fait avec l’agence qui se trouve dans le bâtiment BMG ( Business Media Georgia ) sur Besik street.
Bonjour,
Merci beaucoup pour le partage l’article est super bien détaillé c’est très utile !
Comment avez-vous rencontré le groupe de voyageurs en 4×4 et van ?
Bonne route !
Bonjour Loïc,
Merci beaucoup.
Nous avons rencontré ces voyageurs grâce à Instagram. Ayant beaucoup voyagé en van, les gens ont commencé à nous suivre sur les réseaux sociaux.
Sinon il existe des groupes WhatsApp de voyageurs permettant de se contacter.