
Depuis Istanbul pour rejoindre la Géorgie, plusieurs itinéraires s’offrent à nous. Mais en prenant en compte la saison hivernale, le dénivelé et la rapidité du trajet, le choix de route s’affine.
Donc, après de nombreuses hésitations, nous choisissons de suivre la D100 soit l’axe principal reliant Yalova à Samsun. Ensuite nous longeons la côte de la Mer Noire jusqu’à la frontière avec la Géorgie.
A savoir, que nous avons trouvé peu d’informations sur cet itinéraire en Turquie. Mais aussi qu’on nous l’a déconseillé à cause de la grande route et de la traversée de régions perçues comme « moins populaires ».
De notre côté, nous avons apprécié cet itinéraire.
Depuis Istanbul jusqu’à la frontière géorgienne nous roulons, environ,1220 km.
Quitter Istanbul à vélo

Après un séjour inoubliable d’une quinzaine de jours à Istanbul, il est temps de reprendre notre route. D’ailleurs nous avons prolongé notre passage dans la ville pour cause de neige.
En effet, lors de notre visite, il a neigé pendant 1 semaine. Sachant que nous devions monter en altitude par la suite, nous avons préféré attendre que la météo s’améliore. Et on a bien fait !
Pour sortir d’Istanbul, nous voulons éviter une journée à vélo à travers la banlieue de la ville. Pour se faire, nous décidons donc de prendre le ferry pour Yalova.
Ferry Istanbul – Yalova

Le ferry par du port de Yenicapi. Il y a des départs régulièrement, environ toutes les 2h. Et le trajet dure 1h30.
Nous avons pris celui de 9h30. Il est préférable d’arriver en avance, pour acheter les billets directement sur place mais aussi le temps de l’embarquement.
Le prix est de 600LT (environ 16€) pour 2 personnes avec nos 2 vélos.
Étape Yalova – Izmit

- 71,5km. Si on ajoute les 6,5km pour rejoindre le port de Yenicapi, on arrive à une étape de 78km.

Il est donc temps de reprendre nos vélos, comme neuf après leur séjour chez le réparateur.
Très franchement ce n’est pas la plus belle partie de cet itinéraire mais on avance vite. En résumé, on suit la grande route sur notre bande d’arrêt d’urgence en traversant différentes villes. C’est plat et on avance vite, c’est-à-dire à une moyenne de 20km/h.
Par contre le passage dans la ville de Golcük est un peu tendu car il y a beaucoup de circulation, de voies d’insertion et de sortie. De plus, il faut se méfier des bus qui s’arrêtent régulièrement, brièvement et repartent sans faire attention.
À Izmit, nous sommes accueillis chez Sebnem qui a l’habitude de partir en vélo trip à travers la Turquie. Nous passons une belle soirée à partager, échanger, comme si nous nous connaissions depuis toujours. Je trouve que Sebnem est une femme incroyable dans sa vision des choses. En effet elle est autonome, indépendante, ouverte d’esprit avec une vision très moderne dans un pays aux traditions ancrées. Elle m’impressionne !
Magasin de vélo à Izmit.
Mars Bisiklet Authorized Bike Dealer and Repair Service
Une adresse à noter. En effet, ce sont de vrais professionnels, passionnés qui cherchent une vraie solution aux problèmes. Preuve en est : Fred cherchait des gardes-boue depuis notre départ de France. Personne ne trouvait la pièce adaptée jusqu’à Izmit. Ici, les gars ont bricolé et enfin permis à fred d’avoir des gardes boue.
En plus, ils ont toutes les pièces qu’il faut. On recommande ++
Rejoindre la côte de la Mer noire

Au bord du lac de Sapanca à vélo

Une étape facile et plutôt agréable car nous trouvons rapidement une route peu empruntée et même une « piste cyclable ». Enfin à la turque , c’est à dire peu entretenue et pas très bien pensée donc on roule mieux sur la route.😅

Par contre, nous suivons le bord du lac Sapanca à partir de la ville du même nom soit pendant à peine 5km.
Cette journée se termine chez Mustafa, qui nous héberge pour la nuit. Cet homme est d’un accueil et d’une gentillesse irréprochable. Il a même un » programme spécial guest » quand il reçoit. Ce dernier consiste en un tour de la jolie ville de Sakarya, un dîner « pide » ( spécialité turque) et un dessert Çay + baklava. Tout ceci sur le thème de l’échange et du partage. Autant dire que nous avons passé une excellente soirée .
Sakarya – Duzce à vélo


Encore une étape sans grande difficulté, au bord de la route principale . C’est donc rapidement que nous rejoignons la ville de Duzce où nous dormons à l’hôtel . En effet, si les journées sont douces les températures sont négatives la nuit. De plus les chutes de neige de la semaine précédente ont rendu le sol bien humide puisque cette dernière continue de fondre.
Hôtel à Duzce
Grand Beyaz Saray Otel : 50€/ nuit avec petit déjeuner.
Un hôtel local avec des chambres propres et confortables. Le patron est serviable et disponible et le petit déjeuner bien complet. Pour le hammam et le sauna, c’est loupé ! En effet, ils semblent ne pas chauffer tout comme la piscine .
Etape Duzce – Bolu


Doucement mais sûrement on commence à grimper. En effet les 16 premiers kilomètres sont plutôt en pente douce. Ensuite elle s’incline de plus en plus pendant une quinzaine de kilomètres, serpentant à travers la montagne où il y a encore pas mal de neige au bord de la route.
Alors qu’il nous reste 5km de montée, le gérant d’un restaurant nous invite à boire un café. Un petit geste qui nous met du baume au coeur pour finir cette ascension et arriver sur un plateau à quasiment 1000m d’altitude.
Quand nous arrivons à Bolu, nous découvrons une ville moderne, jeune et dynamique . Celle-ci semble toute neuve avec ses buildings tout juste sortis de terre.

Le soir, Yétis nous met à disposition « la cabane au fond du jardin » de ses parents. Il s’agit d’un petit cabanon avec gaz, lampe à huile, poêle à bois, eau et toilettes. En fait, ses parents y viennent quand ils s’occupent de leur jardin. De notre côté nous y passons une soirée hors du temps à se réchauffer avec le poêle à bois.
À vélo de Bolu à Gerede

Quand nous nous réveillons dans la cabane, il fait bien froid. D’ailleurs, l’eau a gelée à l’extérieur.

Si les premiers coups de pédales sont glaciales, nous ne tardons pas à nous réchauffer. En effet, au bout d’1h, on commence à grimper sur une pente plutôt douce pendant une quinzaine de kilomètres. Nous sommes déjà à 1150m d’altitude.
Alors qu’on entame une légère descente, une camionette s’arrête quelques mètres devant nous. Un monsieur sort, nous arrête, nous tend une boîte de loukoums et nous remplis nos gourdes de çay. De quoi prendre des forces pour la seconde montée.
Cette dernière est plus courte, une dizaine de kilomètres, mais plus raide, plus intense. Et nous voici donc à 1380m d’altitude.
Etant en altitude, pendant la nuit les températures sont négatives. À Gerede, les quelques hôtels sont en maintenance à cette période l’année et on finit par en trouver un, plus loin, au bord de la route .
Hôtel à Gerede
Topcuoglu Grand Otel : 60€/nuit avec petit déjeuner.
Un endroit d’arrêt pour les routiers avec la station service, le restaurant, le grand parking. Notre chambre est propre et confortable et le lendemain on a le droit à la fameuse « assiette compartimentée spéciale petit déjeuner turc ».
De Gerede à Kurşunlu


Au début de la journée, on enchaîne les pentes, pas très longues mais pentues. Puis au 26eme kilomètres il est temps de descendre. Pendant environ 6km, on est à toute vitesse, avant d’être arrêter net par une ascension pas très longues mais bien pentue.
Autour de nous des paysages de plaines d’altitude qui nous donne un sentiment de bout du monde. C’est beau!
Au milieu de ce décor sauvage, doudou sent son pneu arrière qui montre des signes de fatigue. En effet il est à plat. Il reste peu de kilomètres, on regonfle juste et on verra à l’arrivée pour changer la chambre à air.
Le reste de la route est une sorte de pente douce qui nous permet tout de même de bien avancer . C’est ainsi que nous rejoignons le petit village de Kursunlu pour passer la nuit.
Entre Kurşunlu et Tosya


Cette étape est celle de la descente. En effet, après avoir monté pendant plusieurs jours il est temps de redescendre. En fait nous passons de 1180m à 710m avec une pente plutôt douce.
Et alors que nous avançons bon train, après un arrêt café, doudou a, de nouveau son pneu à plat alors que la chambre à air est neuve. Un coup de pompe et on repart… Une dizaine de kilomètres plus tard, nous devons regonfler avant d’entamer une bonne ascension pentue sur 4km.
Pour arriver à Tosya, il nous faut encore grimper une nouvelle pente raide avec un pneu fatigué. Mission accomplie, nous arrivons à bon port.
Maintenant, nous sommes à la recherche du responsable de ses deux chambres à air trouées. Il s’avère qu’une minuscule agrafe s’est logée dans le pneu. On la retire, on répare les chambres à air avec des rustines et nous remontons le pneu.
Hôtel à Tosya
Hôtel Ekmekçiler : 40€/ nuit avec petit déjeuner
Un hôtel local, propre et confortable en plein centre de Tyosa. Nous y sommes super bien reçus. Petit plus pour le petit déjeuner inclus en rooftop avec une vue sur la ville.
Tosya à Osmancik à vélo


Encore une étape où on descend plus qu’on ne monte. Après les 30 premiers kilomètres, nous retrouvons du plat, chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps. Nous continuons de traverser des paysages de plaines, avec des horizons de sommets enneigés. Quelques petits villages où le temps semblent s’être arrêté et où on nous regarde avec cet air de « qu’est qu’ils font là ».
C’est ainsi que nous débarquons à Osmancik. Un joli petit village typique traversé d’une rivière et dominé par un fort sur un promontoire rocheux. C’est très charmant.
Ici nous sommes accueillis chaleureusement par Ramazan et Cansu chez qui nous passons 2 nuits. A leur côté nous en apprenons un peu plus sur le ramadan. Nous prenons aussi beaucoup de photos pour leurs réseaux sociaux.
Osmancik à Havza


Pour résumer cette étape , nous montons tranquillement pendant une quarantaine de kilomètres puis nous roulons sur un espèce de faux plat sur une cinquantaine de kilomètres.
Le ciel est toujours très dégagé et nous sommes toujours au bord de la même grande route surtout utilisée par les camions. Mais la bande d’arrêt d’urgence est devenue notre piste cyclable et nous permet d’avancer sereinement.
D’ailleurs, les 10 derniers kilomètres se font sur une petite route pour éviter des tunnels. Nous réalisons alors le bonheur de rouler au calme 😅. Dans la campagne, nous croisons aussi quelques meutes de chiens errants pas très actives ni agressives.
Dernière étape pour rejoindre la mer noire


Nous y sommes : notre dernière étape pour rejoindre Samsun et donc le bord de la Mer Noire. Et aujourd’hui, il est encore prévue qu’on descende mais ceci va se faire petit à petit en alternant quelques montées.
A Kavak, il temps de faire une pause déjeuner et de gouter la spécialité du coin : le Menemen. Une espèce d’omelette/oeufs brouillés dans une sauce tomate et du fromage. Un vraie révélation pour doudou.
Nous repartons le ventre plein pour nos derniers kilomètres. Au lieu de descendre vers la mer et d’enchaîner avec du plat, nous choisissons l’itinéraire plus court à travers les collines. Au moins nous quittons la grande route, nous avons de belles vues et ça fait travailler les cuisses. Même si notre hôte du soir nous demande » pourquoi passer par le chemin le plus difficile alors que l’autre est si simple? »
A Samsun, nous sommes donc accueillis chez Coskun. Ce dernier nous héberge dans l’appartement où il a grandit et nous laisse carrément sa chambre. Nous nous sentons très vite comme à la maison et partageons beaucoup de choses avec Coskun. Ceci malgré nos cultures et nos éducations différentes. Le soir, nous partageons le dîner du ramadan avec ses parents. Nous pensions rester 2 nuits nous resterons 3 soirs et passons une journée dominicale familiale dans la maison au village. Nous nous sentons vraiment chanceux de partager ce genre de moments uniques.
Cette première partie de route depuis Istanbul pour rejoindre la Mer Noire est riche en rencontres, découvertes et beaux paysages.
Le long de la Mer Noire à vélo

À Samsun, nous atteignons donc la Mer Noire. A présent, nous allons la longer jusqu’à la frontière géorgienne. Soit environ 500 Km, le long de la D010.
Certains, nous avaient déconseillé cette région de la Turquie. A cause du mauvais temps, des locaux moins accueillants, des tunnels à traverser et de la grande route. Finalement, nous avons eu du soleil durant toute cette traversée, les gens étaient très accueillants et enfait nous avons apprécié ces étapes au bord de la Mer Noire.
1ere étape à vélo au bord de la Mer Noire


D’abord il faut quitter la ville de Samsun, sa banlieue, sa zone industrielle. Si tout commence plutôt calmement en suivant la piste cyclable du bord de mer, nous sommes rapidement sur la grande route. Et autant dire qu’il y a de la circulation, beaucoup de camions et qu’ils vont vite.
Ensuite, nous continuons toujours sur ce même axe dans notre glissière de sécurité, avec un peu moins de circulation. Nous traversons quelques villes et nous sentons une atmosphère différente que dans les grandes plaines traversées précédemment. Une ambiance détendue, une moins forte présence de la religion et de la modernité.
Au moment de chercher un campement pour la nuit, nous nous rendons vite compte que le bord de mer est privatisé . Et que tout semble en travaux avant la réouverture. Ce qui ne nous arrête pas pour aller demander à utiliser un petit bout de terrain mais on se voit refuser l’accès. Finalement on trouve un camping vue sur mer, gratuit à cette période,nous laissant l’accès aux toilettes.
Spot camping Uniye
Etape entre Uniye et Ordu


La journée commence sur du plat, en traversant des stations balnéaires semblant tout juste sortir de terre.
Puis nous grimpons sur une pente douce, durant laquelle on traverse 4 tunnels . Le premier d’une centaine de mètres, puis autour de 300m, 4km et enfin 400m. Nous prenons bien le temps d’allumer nos lumières, d’ajouter nos frontales et nous pédalons vite… Même en faisant attention, ça reste des moments stressants car les chauffeurs roulent vite.
Par contre, le décor est très beau au milieu des collines verdoyantes.
Puis on redescend vers Ordu. Une ville très charmane à l’atmosphère dynamique qu’on traverse rapidement et sereinement jusqu’à notre hôtel du soir.
Hôtel à Ordu
Flora Ordu Hotel Apart Suite : 50€/ nuit avec petit déjeuner
Une nuit pour deux avec petit déjeuner. Un super hôtel propre, confortable avec un haut standing. Le petit déjeuner est délicieux et le personnel très gentil.
Etape entre Ordu et Espiye


On suit la côte , à fond la caisse, en passant par divers grandes villes où il y a pas mal de circulation. Il y a quelques beaux points de vue sur la côte et on passe par 3 tunnels mais il n’y pas de difficultés majeures dans cette étape . En 4h, on boucle la journée .
Dormir dans un Ogretmen Evi à Espiye.
Il s’agit de logement de fonction pour les professeurs ouvert au public. Il n’y a pas forcément de réservation, il faut se rendre sur place et demander directement. Évidemment les prix sont plus accessibles qu’une chambre d’hôtel puisqu’on est à moins de 20€ pour une nuit.

De Espiye à Trabzon à vélo

On suit toujours notre axe principal, D010, sous un soleil printanier. Dès le départ on roule en T-shirt. Aujourd’hui ça roule un peu moins. On traverse les villes de bord de mer avec quelques points de vue sur la côte . On roule vite , à quasiment 19km/h. Si on traverse 2 petits tunnels, on évite celui de Tirebolu en passant par la ville mais surtout celui de Trabzon. Ce dernier est très emprunté ce qui le rend dangereux.
En plus, l’itinéraire bis est une grande route désertique .
A noter qu’à partir de Darica le trafic s’intensifie et il faut rester vigilant aux autres véhicules qui n’ont pas l’habitude des vélos.
Hôtel à Trabzon
18€ la nuit avec petit déjeuner ( haut de gamme en rooftop ) dans un hôtel qui mérite au moins quatre étoiles. On se demande comment on a pu payer si peu cher quand on voit la qualité de l’hôtel .
Trabzon à Rize en vélo


Cette étape démarre dans la circulation pendant une dizaine de kilomètres. En fait le temps de sortir totalement de Trabzon. A vélo, il faut rester concentré sur les voies d’insertion et de sortie des vehicules.
Au niveau de Yomra, on passe par la ville et le calme contraste avec le trafic de la route principale. De plus cet endroit est assez particulier avec ses fontaines, ses buildings flambants neufs et ses magasins de luxe.
Sinon on continue de longer la côte de La Mer Noire avec ce même schéma de paysage : mer, route, ville, montagne. La météo est toujours ensoleillée et il fait de plus en plus chaud.
Arrivée à Rize sans grande difficulté et donc avec une moyenne de 20km/h.

Le soir, grâce à nos contacts sur place, nous sommes accueillis au club de kayak de la ville. On nous met à disposition un local au bord de la mer avec eau, électricité, toilettes et même le wifi. C’est le grand luxe!
Derniere étape à vélo en Turquie


Nous sommes prêts pour cette dernière journée à vélo en Turquie puisque demain nous passons la frontière.
Il fait toujours très beau et même chaud. Comme les jours précédents, nous avançons vite sur cette grande route au bord de la Mer Noire. Honnêtement, on prend du plaisir à longer cette côte malgré le trafic aux abords de certaines villes et les quelques tunnels inévitables.
Logement insolite Arhavi

- Muratinmekani
En regardant Google maps pour camper, on découvre une cabane au bord de la mer. En se renseignant, on découvre que ce lieu unique est à Murat. Ce dernier a construit une petite maison au bord de la mer avec eau, électricité et toilettes. C’est trop beau, trèsconfortable et on en oublie presque la route qui passe à côté . Murat nous apprend avoir reçu près de 1100 voyageurs en stop, vélo, à pieds.
Au final nous avons pédalé 1455km en Turquie depuis la frontière grecque jusqu’en Géorgie. Avec un dénivelé positif de 8560m dont 6000m de D+ fait entre Sakarya et Samsun.

Et, si en van nous avions opté pour un tout autre parcours et avions déjà eu un coup de coeur pour la Turquie. Ce nouveau voyage en vélo ne fait que confirmer notre amour pour ce pays et sa population.

Leave A Reply